Paris le 5 avril 1992
Frédéric FENOLLABBATE est un jeune artiste de 32 ans qui a déjà à son actif plusieurs expositions dans des centres d’art renommés (Villa Arson Nice, C.C.C. Tours) et des galeries (galerie du Génie à Paris, galerie Pierre Bernard à Nice).
Le « modèle » Fenollabbate
Le critique américain Clement Greenberg explique l’évolution de l’art contemporain par le délaissement progressif – par les artistes- des codes de représentations aussitôt que ces codes ont été reconnus comme tels.
Les recherches de Frédéric Fenollabbate s’établissent à la fois dans la continuité de ce point de vue historique et en rupture avec celui-ci :
Continuité dans la mesure où Frédéric Fenollabbate a consacré de nombreux travaux au « tableau initial », c’est-à-dire au tableau mental qui précède la réalisation de l’œuvre d’art. Cette recherche conceptuelle participe au travail d’observation mené par les artistes vis à vis des codes visuels et des processus mentaux qui déterminent l’œuvre, voire la pré-déterminent et la limitent, et dont il convient par conséquent de s’affranchir.
Or le modèle inventé par l’artiste pour suivre la naissance du tableau dans les méandres de la pensée se révèle d’une complexité redoutable. Défricheur, l’artiste avance au moyen d’un extraordinaire appareil théorique que ces observateurs fascinés par la démarche et son exigence de rigueur, doivent néanmoins renoncer, dépassés, à maîtriser.
C’est à ce point précis que se situe la rupture avec la vision linéaire de l’art de Clément Greenberg. Le « modèle » Fenollabbate, résolument personnel, non seulement s’affranchit des codes existants avec l’efficacité d’une tautologie, mais surtout procède à l’invention de ses propres codes suivant une mécanique aussi rigoureuse qu’improbable.
La recherche formelle de la recherche, tableau « final ou sculpture, campe -non sans humour- au milieu de l’édifice conceptuel, laissant ses observateurs partagés entre la perplexité et le ravissement de son énigme.
Le projet à l’Hôpital Ephémère
Les recherches de Frédéric FENOLLABBATE ont actuellement pour point de départ une figure géométrique, le polyèdre, figure dont les mutations formelles sont aussi nombreuses que le nombre de ses facettes…
Le traitement du concept de polyèdre par l’artiste a donné naissance à des sculptures. Toutefois celles-ci ne seront pas l’élément central du projet exposé à la Fondation Ephémère. En effet l’artiste a imaginé un programme permettant d’enregistrer la perception – par un mathématicien ou un physicien- des figures polyédriques. C’est cette perception qui sera exposé!
» L’exposition de la perception » suppose un certain nombre de moyens : au niveau informatique, l’installation utilisera un ordinateur Macintosh de 4 mégaoctects de mémoire, doté d’un écran Noir & Blanc.
Nous souhaiterons pouvoir utiliser, sous la forme d’un prêt, ce matériel pour la période de mai à juin 1992 ( 1 mois de préparation) + 3 mois d’exposition à l’hôpital Ephémère).
La Fondation Ephémère :
A l’Hôpital Ephémère, le projet de Frédéric FENOLLABBATE sera exposé à la Fondation Ephémère, espace d’exposition plus particulièrement consacré à la rencontre et au dialogue entre les artistes et les mécènes.
Le projet artistique est examiné avec le mécène qui peut également proposer une idée, ou un mode original de médiatisation .
Tous les paris de la créativité sont possibles, grâce à une réflexion conjointe et approfondie entre l’artiste, l’entreprise partenaire, et nous-mêmes Usines Ephémères. Parmi les partenaires de la Fondations Ephémère figurent BMW, Whirlpool, la Mairie de Paris, la galerie Froment & Putman…
Théophile BARBU